Le meilleur est "avenir" Episode 06
Publié le : 26 avril 2021 à 10h04
Episode 06 # Pierre CASCAIL
Aujourd’hui c’est avec Pierre Cascail, un autre amoureux de la ligne bleue, que nous poursuivons cette série d’échanges.
Bonjour Pierre, peux-tu te présenter ?
J’ai 63 ans ; je suis deux fois retraité et je travaille (rire). Pour être plus clair : j’ai fait une carrière militaire jusqu’à 40 ans, avant de travailler dans l’aviation civile jusqu’à 57 ans. Ces métiers m’ont passionné et je n’ai pas vu arriver brusquement la retraite que j’ai très mal vécue.
C’est un copain de club d’athlé, ancien militaire, qui m’a lancé : « mais pourquoi ne postulerais-tu pas chez Décathlon comme je l’ai fait ? ». J’ai enchainé 2 CDD, et je suis maintenant en CDI ! L’ambiance jeune et sportive ainsi que l’esprit de famille que j’y trouve me conviennent parfaitement. Je ne ressens pas de différence entre jeunes et vieux ; c’est très agréable. J’adore échanger avec les clients et les conseiller. J’ai grand plaisir à partager, et transmettre dans mon activité favorite : la course à pied. J’habite à une quinzaine de kilomètres de Strasbourg : je bénéficie à la fois des avantages de la ville et de la campagne. Je profite des pistes cyclables aménagées le long du chemin de halage du Canal de la Bruche pour courir et observer le canal, les champs, les hérons cendrés, la nature… Les Vosges toutes proches m’offre aussi un beau terrain de jeu.
Peux-tu nous dire quelle place occupe la course à pied dans ta vie ?
Bizarrement, au début de ma vie, la course à pied n’était pas mon truc : je pratiquais le rugby. Mais, en même temps, j’ai toujours couru. J’ai découvert le cross au lycée, et j’ai continué en école militaire. Puis étant en poste sur des bases aériennes de l’OTAN, je faisais chaque matin mon « tour de base » c’est-à-dire environ 12-13 km quotidiennement. J’ai fait ma première course, par « accident » en 1984 : c’était le Paris-Versailles.

Mais, depuis tout jeune puis de mutations en mutations j’ai plus pratiqué les activités de montagne, en particulier dans les Pyrénées et en Corse, à 40 ans, avec de la rando sur terre et dans l’eau. Puis, je suis arrivé à Strasbourg. Un copain montait une équipe pour les courses de Strasbourg : j’ai participé. Un club distribuait des flyers pour test VMA : je me suis dit pourquoi pas ? Lors du test, j’ai trouvé l’ambiance très sympa, et j’ai suivi les entrainements du club. J’ai fait de gros progrès, dans une bonne ambiance, sans trop comprendre, à l’époque, les fondements des plans d’entraînements que j’avais suivis. En 2010 (2 ans après), je cours mon premier marathon à Berlin : je le finis et je suis content, sans plus. Finalement, je cours un deuxième marathon, puis un troisième, et le marathon devient une passion puis une drogue.
J’en ai couru 31 à ce jour. Au sein de la course à pied, le marathon est sans doute la plus belle course. C’est aussi la plus difficile tant sur le plan technique que sur le plan mental. Chaque fois que l’on prend le départ ; on se retrouve nu face à soi-même et la course. Sur le plan technique, on peut être bien entraîné, hyper affuté, et échouer si on ne gère pas bien sa course.
Un grand merci Pierre de nous avoir accordé de ton temps.
Propos recueillis par Eric Lenoir.
C’est LA course qui procure des émotions fantastiques à chaque fois renouvelées, différentes, mais toujours intenses. C’est LA discipline qui peut hérisser les poils ou arracher des larmes. Comme participant, j’ai pu courir de grosses courses avec une organisation qui baigne dans l’huile, beaucoup d’ambiance, un public impressionnant. Je garde bien en tête des images de Londres ou d’Espagne ; une foule telle qu’on est transcendé, porté. Et quel bonheur unique pour un amateur de courir avec des champions olympiques et voir les élites mondiales sur un aller et retour du parcours par exemple. Pour comprendre la technique, j’ai passé les différents degrés d’entraîneurs, et je m’occupe maintenant des licenciés loisirs au sein de mon club : des adultes qui ont une vie de famille et qui veulent se maintenir en bonne condition physique. Ce qui me plait énormément, c’est emmener une partie de ces gens courir des marathons. Je les aide à choisir de beaux marathons. Nous passons 3 jours ensemble et partageons l’avant course, la course et l’après course : nous créons des souvenirs magnifiques.
Le marathon permet de belles rencontres et de construire de belles relations. Tout le monde peut y trouver son compte. J’aime courir avec eux : pas pour faire la locomotive mais pour les accompagner : rester juste derrière eux pour qu’ils ne fassent pas de bêtises. J’assiste à leur joie et j’y participe aussi. Je joue un rôle de facilitateur pour les aider à accéder au plaisir procuré par le marathon, surtout le premier. Le marathon est maintenant un peu plus médiatisé, et beaucoup de revues laissent croire aux gens que c’est facile. Parfois des amis se lancent un défi, pour « rigoler », sans savoir dans quoi ils s’engagent, et au 30ème kilomètre, ce n’est rien de dire qu’ils sont mal et qu’ils souffrent. Faire réussir quelqu’un à courir son premier marathon alors que ce n’est jamais gagné d’avance est toujours un défi pour un entraîneur mais aussi une énorme source de satisfaction.
Te souviens-tu quand tu as rencontré Vincent ?
J’ai vu Vincent, son stand, pour la première fois, au village expo du marathon de Paris en 2014.
Peux-tu nous dire ce qui a attiré ton attention ?
Pour parler vrai, je ne suis pas du tout un spécialiste d’art : je suis un inculte comme aurait dit mon père. Ma femme, elle, aime visiter les galeries. Mais j’ai été attiré par les tableaux de Vincent, tout comme ma femme également. Les couleurs et la façon de peindre de Vincent donnent du mouvement et rendent les tableaux vivants : c’est pour cela que nous nous sommes arrêtés. Quand je regarde une œuvre de Vincent, je ne vois pas un objet de décoration. En fait, … je ne vois pas le tableau non plus. Ce que je vois c’est la représentation d’une fraction de seconde vécue pendant un marathon : la capture d’un instant, d’une émotion. Vincent arrive à peindre des photos d’émotions. En contemplant une œuvre, je ressens le temps qui court ; je sens la fatigue, l’émotion, l’aisance, le relâchement après l’effort. Vincent transforme les émotions en image ; c’est génial. Quoi de plus magique que la ligne bleue pour un marathonien passionné ? Comme le Boléro de Ravel, elle capte l’attention, nous hypnotise, est omniprésente. Devant les tableaux, on se dit que c’est plus que du réalisme : on se dit c’est ça, à 150% !
As-tu remarqué des tableaux en particulier ?
Oui, par exemple, dans le tableau 1.2.3, je retrouve toutes les attitudes du coureur dans la course, le mouvement des bras, la position de la tête, les mollets dessinés de derrière ; je me vois dedans. Dans le tableau représentant les chaussures et la médaille, je retrouve l’alignement des affaires à préparer pour faire la course. Je me dis que c’est exactement ça ; c’est fou !
Dans le tableau Blue Line, vue d’en haut et un peu derrière, je vois Londres, avec la foulée des africains qui ne touchent pas le sol. Je sais que Vincent est aussi un passionné de marathon : il connait tout ça, et il est capable de le retranscrire dans ses tableaux. Vincent travaille différentes « veines » maintenant ; mais toujours on retrouve des scènes criantes de vérité dans chaque œuvre.
As-tu revu Vincent ensuite ? Et quelle œuvre t’a attiré au point de l’acheter ?
J’ai revu Vincent en en 2015, au marathon de Metz. Je l’ai retrouvé en 2016, au Luxembourg ; et c’est le tableau terrain de jeu qui nous a le plus parlé.
Peux-tu nous expliquer pourquoi avoir choisi ce tableau ?
J’avais 59 ans, nous venions de vendre la maison ; nous étions en train d’en reconstruire une autre. Sans se concerter, ma femme et moi avons littéralement flashé sur le tableau baptisé « Terrain de jeu ». Nous avons décidé de l’acheter pour mes 60 ans et de l’installer dans notre salon. Nous n’avions jamais acheté de tableau auparavant. Le tableau n’est pas typé sport ; c’est presque une peinture abstraite, de l’art moderne. Il est intemporel. Si on n’est pas marathonien, on ne peut pas deviner sa signification. Et en même temps, pour un marathonien : on a tout. D’ailleurs certains amis ou visiteurs nous demandent ce que représente le tableau, d’autres y trouvent immédiatement la symbolique du marathon. Pour l’instant je cours, je suis en bonne santé, … j’aurais pu mettre toutes mes médailles dans le salon, mais à un moment, … j’aurais peut-être eu envie de tout enlever. Avec cette œuvre, je savais que nous n’allions pas nous lasser avec le temps.
Qu’aurais-tu envie de dire à une personne qui hésite à acheter un tableau de Vincent ?
Acheter une œuvre est un plaisir bien plus fort et qui dure dans le temps, c’est aussi un souvenir vivant au travers duquel on peut revivre pleins de choses.
Un grand merci Pierre de nous avoir accordé de ton temps.
Propos recueillis par Eric Lenoir .
Sur les pavés le Bleu.
Vous pouvez retrouver la série «Terrain de jeu» en tirage d’art en édition limitée, signée et numéroté dans le shop du site ARTandRUN.com

L' exposition Private-coach
En attendant le retour des salons, la ré-ouverture totale des lieux d’expositions et des salles de sports, mon installation chez Private Coach a eu une visibilité forcément limitée... Mais dans ce cadre atypique, à deux pas du parc Monceau le public a été réceptif à mon travail artistique.
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